Sabai dee Pi mai
12-15 avril
Ce matin, c’est le départ pour Luang prabang qu’on espère rejoindre dans 4 jours. Depart tardif pour regler les “derniers” details de notre trip tibetin prochain. En effet on ne risque pas de trouver un acces a internet dans les jours qui viennent. Le décors qu’on traverse pendant les 17 premiers kilomètres sont à nouveau, à couper le souffle, mais il fait deja chaud. On fait une petite pause juste avant Pha bang dans un resto hotel au pied d’une falaise qui se jette dans la rivière. On commence ensuite doucement la montée en longeant toujours la rivière puis une plus grosse côte arrive avec au sommet deux rochers en forme de dents de dracula – a l’envers. Une petite cabane abandonnee nous apportera de l’ombre pour la pause de midi, un soutient pour notre hamac egalement. Pour ce qu’on en voit, la montagne est belle, mais l’air est loin d’etre limpide… On nous avait parle de l’effet des feux que les habitants de certaines regions allument intentionnelement pour eliminer la matiere seche de leur champs avant l’arrivee de la pluie. Il en resulte une brume epaisse, chargee de cendres, qui efface le paysage et occasionne des problemes respiratoires. La region de Luang prabang est particulierement touchee et peut vraiment en gacher sa visite. Mais, il semble qu’on ait choisi le bon moment pour y arriver car les choses semblent se calmer, et on compte sur le nouvel an lao qui commence le 14 et dure trois jours, pour que les paysans-pyromanes prennent quelques jours de conge. Pour l’heure, nous observons de temps a autre des cendres tomber du ciel, tandis que le soleil roujoyant a du mal a percer cette brume en debut et fin de journee. D’ailleurs le soir, il ne se couche pas, mais s’eteint avant d’avoir passe l’horizon.
Quant aux montagnes, on les devine. Un leger trait de crayon, au loin, avant de s’imposer brutalement quand on s’en approche. C’est parfois un peu frustrant, en arrivant a un col, de n’avoir aucune perspective du chemin parcouru et a venir. On termine la journee par une belle descente qui nous mène à Kasi où l’on s’arrête pour la nuit, apres une soixantaine de kilometres.
Le lendemain matin, on va dire bonjour à Somorre, rencontree dans le bus quelques jours plus tot, qui habite à quelques km de là. Une fois arrivés dans son village, on demande à plusieurs personnes si elles la connaissent et savent nous indiquer sa maison. Mais aucune d’entre elles ne semble pouvoir nous aider. Au moment ou l’on fait demi-tour, déçus, elle apparaît tout d’un coup sur la route. Des « falangs » (etrangers) dans un si petit village et en plus à vélo, ça ne passe pas vraiment inaperçu!! On rencontre toute sa famille avec qui on passe une petite heure. Son frère, Ki, parle un anglais presque parfait. Il a obtenu une bourse qui va lui permettre d’étudier deux ans en Australie. Une opportunité incroyable pour lui. On se demande quel regard il portera, à son retour, sur son pays et les conditions relativement sommaires dans lesquelles vit sa famille…Toujours ces contrates si impressionnants entre nos modes de vies ultra consumeristes et ces paysans qui vivent de trois fois rien et n’utilisent pratiquement que les matieres naturelles qui les entourent pour construire leurs maisons, se nourrir, fabriquer outils et recipents de tous les jours…Alors que nous sommes en train de discuter, assis, avec Somorre et Ki, tout le monde est actif autour de nous. Le père tisse un panier en osier qui lui servira à pêcher des poissons, la maman berce son petit-fils, les voisins coupent du tabac puis l’étalent pour le faire sécher,…Toute la journée des paysans semble ponctuée de petites activités productives, tantot pour leur usage personnel, tantot pour gagner leur croute.
Pour éviter les trop grosses chaleurs, on quitte Somorre et les siens vers 8h. Mais il est déja tard pour commencer la journée qui nous attend…les 20 premiers km sont gentillement bosselés avec un beau petit col quand même mais par contre, les 22 derniers ne font que monter solidement. Et sous le soleil tapant, c’est rude. Véro a vraiment du mal. Martin, toujours au petit soin avec sa belle, (NdM : Martin, dans l’espoir d’arriver avant le crepuscule,) prend ses deux fontes avant pour terminer la montée. Après 40km, on arrive à un point de vue magnifique. On pensait être arrivés à un col…mais non, ça monte encore. Heureusement pas longtemps et après les dernières bosses, on se pose à Phou koun à 1330m d’altitude. Cette petite ville s’etend autour du carrefour de trois routes. Celle d’ou l’on vient, celle ou l’on va, et celle ou on aurait aime aller (surtout Martin) ! A l’est part en effet une route qui mene a la “Plain of Jars”, un plateau sur lequel on a retrouve des centaines de jarres en pierre, dont certaines font plusieurs tonnes. Un paysage surprenant, qu’on ne verra qu’en photo ou dans notre imaginaire, car la puissance de nos mollets reste limitee! Au total de la journee, on aura monté 1500m de dénivelé et parcouru 45km. On ne va pas vite, mais haut! On trouve une chouette guesthouse et après avoir avalé deux pho au resto d’en bas, on s’endort comme des masses.
Troisième jour de vélo, toujours autant de montagne… et Sabai Dee Pi Mai (bonne anne)! C’est en effet aujourd’hui le premier jour du nouvel an lao, dont l’une des traditions est de s’asperger mutuellelemt d’eau. Et on va sacrement l’experimenter
. La nuit fut fraiche et donc tres agreable, ca faisait longtemps! Reveil matinal, nous affrontons une courte montee alors que le soleil est deja bien leve. Peu de brume et plus de vue, compare aux autres jours. On anticipe un peu plus la belle descente de 300m sur 7km de long. On a pas le temps de respirer que ça remonte tout de suite, pour decouvrir des petits villages perches a 1200m. Les maisons sont aeriennes, accrochees a la falaise, de chaque cote de la route des cretes. Quand on arrive au dessus de la côte, la route se transforme en gentilles montagnes russes, puis fait place à une nouvelle belle descente de 10km! Alors qu’on est couché sur nos guidons, on voit arriver…un cyclo qui pousse à pied son vélo. C’est un anglais qui voyage seul. Il est habillé comme au pôle nord alors qu’il fait mourant de chaud…Il a acheté son vélo à Honk kong et a traversé la Chine pour arriver au Laos. Il voyage tres leger si ce n’est son ventre bedonnant. Il nous demande si on a réussi à avoir facilement nos visas chinois car lui nous explique que suite aux relations tendues entre la Grande Bretagne et la Chine, il n’a pu obtenir qu’un visa de deux semaines. On repart pour 250m de montee, mi ombre mi soleil. Une petite descente nous amene dans un village ou l’on se fait asperger! He oui on n’echape pas aux traditions du nouvel an. Et pour arriver a leurs fins, tout est bon : pistolets a eau, casseroles, seaux, …Vero se fait aussi maquiller le visage par les femmes. On s’arrete pour passer un petit moment avec les arroseurs, nous tentons d’avaler des noodles hyper epicees, et c’est reparti! Desormais, nous nous mefions des “zones a risque” ou il y a des traces d’humidite sur la route, et des gens qui attendent mine de rien sur le cote. La route continue a etre gentiment bosselee, et on se prendra encore quelques casseroles d’eau dans le dos lors de nos pauses dans les villages.
Des dizaines de bus et de camions nous depassent et croisent sur la route. Les uns amenent les vacanciers a Luang Prabang, les autres sont remplis de Beer Lao, et reviennent de la ville royale charges de leurs vidanges… Nous nous posons a Kieng Kocham, apres une cinquantaine de km et plus de 1000m de dénivelé. Tres belle journee, si ce n’est les genoux de Vero qui souffrent un peu et Martin qui somnole deja a 16h. Petit repas bien d’ici apres que Martin se soit fait offrir l’apero (laolao) par une bande de jeunes.
Nous commencons la journee du 15 avril par une petite montee, un peu plus longue que prevue. C’est d’ailleurs quasi systematique, a chaque fois qu’on arrive a un semblant de col, la route prend un chemin de crete pour poursuivre son ascension sur une autre montagne… on commence a s’y habituer. Nous profitons d’une mega descente qui nous fait retomber bien bas, au niveau d’une chouette riviere que l’on retrouvera une 15aine de km plus tard. He oui, malheureusement la route n’a pas decide de la suivre.
Nous reprenons notre route, sous une chaleur quasi insoutenable. Les pauses sont nombreuses, nous n’avons pas idee de l’altitude du prochain col, on cherche la route des yeux dans la montagne, on evalue l’effort qui nous reste a fournir, et l’eau qui nous reste… On hesite entre une longue pause de midi et poursuivre par petit bout. Apres une heure de pause on decide de repartir petit a petit, vu qu’on ne sait pas ce qui nous attend. Au cas ou, on recharge toujours une bouteille d’eau avec de l’eau de source. Apres quelques kilometres, un pick up s’arrete, un homme en sort et nous prend en photo tandis qu’un autre va chercher quelque chose dans le coffre. Martin espere comprendre ce qu’ils prennent, tandis que Vero n’espere plus rien. Mais c’est bien cela, ils nous offrent deux bouteilles d’eau fraiche! C’est parfait, on se delecte sous leur regard amuse. Ce sont des thailandais qui vont passer quelques jours a Luang Prabang, dont la fete du nouvel an semble connue meme en dehors du Laos! Ce sont aussi des cyclistes et ils sont super sympas.
On repart plein d’energie apres avoir termine notre paquet d’Oreo. On approche du village, plus qu’une longue epingle a cheveu a passer et on y est…Mais faut-il encore la passer! En effet, nous voyons au loin une armee de gamins, armes de pistolets a eau. On se prepare, Vero refait le plein de son pistolet, Martin est pret a sacrifier une partie de sa bouteille d’eau… et on tente le passage en force! Pas facile dans une montee! On s’en sort pas si mal, surtout Martin qui a attendu que Vero passe en premier, et qui est passe alors qu’ils rechargeaient leurs armes…
Une fois le premier barrage traverse, on comprend ce qui nous attend pour la suite…tous les enfant ont coupe l’epingle a cheveux et nous attendent quelques dizaines de metres plus haut, avec du renfort cette fois-ci! Une belle course poursuite reprend, et on fait une pause un peu apres le deuxieme barrage pour que Vero puisse essorer ses chaussettes. Elle est litterallemt trempee de la tete aux pied. Arrives au village, on se fait offrir du laolao, et on constate le contraste dans lequel vivent ces gens. Les jeunes paradent avec des mobylettes hyper classes, lunettes de soleil a la mode et coupe de cheveux hyper recherchee. Ils fetent le nouvel an en dansant et buvant toute la journee au son des derniers hits thailandais, tandis que les vieux, en habits traditionnels, poursuivent leur besognes juste a cote, brodent, tissent, tressent l’osier, sans se soucier du chahut provenant de la jeune generation. En parcourant la montagne et les petis villages suivants, nous decouvrons des paysages calcines, deboises. Le bois semble etre une source de revenu importante, et on croise des vieux comme des petits enfants transportant d’enormes fagots sur leur dos, ou un panier vide quand ils partent sur les petits chemins de montagne. Nous les voyons egalement tresser des pans de toits ou de murs qu’ils utilisent pour construire leurs cabanes. Pour la premiere fois, dans ces montagnes eloignee de toute ville, les enfants nous demandent de l’argent, et vivent dans une pauvrete troublante, tres differente de celle rencontree jusqu’a maintenant. Il y a en general un seul point d’eau dans ces villages, qui ont ete construits par des ONG etrangeres. C’est autour de ce seul point d’eau que les enfants etablissent leur terrain de jeu, et que les femmes se lavent, etc.
C’est de la que jaillissent les cris et les rires malgre la rudesse de leur journee. On terminera la notreles cheveux au vent, dans une enorme descente qui nous fait retrouver la riviere, dans laquelle Martin fera un petit plongeon avant de se faire envahir par les enfants. Nous decidons de nous arreter apres 55km et 800m de denivele. Luang Prabang est seulement a 25km d’ici, mais nous n’avons pas reussi a reserver un hotel pour ce soir vu l’envahissement du au Pi Mai. Afin d’eviter une soiree a chercher une guest house a un prix correct durant ces vacances, nous preferons en rester la et arriver le lendemain matin pour le dernier jour du Pi Mai. Meme dans le petit village ou l’on s’arrete, on sent que c’est la fete…et c’est tres agreable! Les gens sont tous de bonne humeur, maquilles, trempes, chaleureux, nous souhaitent une bonne annee, accueillent avec de grands eclats de rire nos repliques a leurs arrosages, … bref on se sent en vacances !
16-19 avril
Vu la petite etape prevue aujourd’hui, on ne met pas de reveil, du coup on commence directement sous la chaleur! La route est legerement vallonee, et apres avoir passe un mini colleke, on croise deux nouveaux cyclos! Un belge et une espagnole super sympas. On s’echange un peu nos impressions sur la route et, comme nous, ils souffrent de la chaleur, et ont rencontre tres peu d’autres cyclos sur la route. On s’est donc bien trompes de saison, c’est officiel. Mais Vero est surtout tres heureuse de rencontrer enfin une autre fille a velo! Elle n’est donc plus seule a parcourir les routes du Sud Est de l’Asie! On ne les retarde pas trop, car on sait la rude journee qui les attend !
Arrives a Luang Prabang, pas de grande banderole “Bienvenue Velo et Maltin” comme on l’esperait, mais tout de meme on avait chaud au coeur d’y arriver. On file a l’hotel reserve sur internet, plus chic que tout ce qu’on a connu, en face d’une magnifique pagode toute doree. Il est 11h et on pose d’abord tout notre barda avant d’aller sentir la temperature. On s’attendait a des rues bondees et on est tres agreablement surpris. La ville, coincee entre le Mekong et le Nam Khan, est tres agreable. Une presqu’ile, touristique certes, mais calme et tranquille. Evidemment, pendant cette troisieme journee du Pi Mai, elle est tout sauf calme, en particulier dans la rue principale! Apres avoir checke sur internet les nouvelles de notre trip tibetin et s’etre fait asperge d’eau et de poudre blanche, nous filons pres de notre hotel pour assister a LA procession.
Beaucoup de monde en habit traditionnel, suivis de tous les moines qui amenent un buddha en or d’une pagode a une autre, dans laquelle les lao pourront l’asperger d’eau en signe de purification pour l’annee nouvelle.
Vous l’aurez compris, tout tourne autour de l’eau dans ce nouvel an. Les maisons sont lavees a grande eau, tandis que les moines se font asperger, un par un, par les locaux assistant au cortege. Ca ne doit pas tous les jours etre facile d’etre un moine…

























mai 7th, 2010 at 23 h 01 min
Quelle chance pour nous d’avoir tant de nouvelles d’un coup!
Quelle chance vous avez d’avoir fait de si belles rencontres et d’avoir pu participer au nouvel an qui vous a si bien rafraîchi!
Bonne année bonne continuation on vous embrasse, Ann et JF
mai 12th, 2010 at 17 h 19 min
VERO JE T AIME ET MARTIN AUSSI JE VOUS FAIS DES BISOUS ET J ESBERE QUE VOUS ALLEZ BIEN
MARIE-DOUNIA
mai 13th, 2010 at 12 h 53 min
bonjour,j espere que vous allez bien,courage et bonne continuation frank de l hop de baudour
mai 13th, 2010 at 18 h 03 min
D’habitude on fait la somme des Km parcourus….
Je serais curieux de faire la somme des dénivelés gravis.
Votre voyage est toujours aussi passionnant à suivre. Bonne grimpe.